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Variations bien tempérées par Jacques Ripault

Le 27 avril 2017

Le parcours de François Noël exprime la ténacité et la constance de convictions architecturales qui défient le temps.

Il pose la question de l’écriture, du style et de la modernité. Si je pense que la modernité est une question qui dépasse le style et que la recherche architecturale n’est pas sous tendue par une écriture particulière, mais par la transcendance des usages, par l’évolution des pratiques et par la confrontation au contexte, je reconnais que le travail d’écriture peut engager des processus de qualification.

François Noël est comme un Samouraï qui chaque jour répète inlassablement la gestuelle pour accéder à une plus grande maîtrise.

Cette recherche longue et patiente, d’assemblages, de décalages, d’ajustements puise ses ressources sur l’infinité des apports du plan dans les trois dimensions. Cette architecture n’est pas réductrice à une idée, à un concept, elle est déclinée et constitutive.

Ancrés dans une pratique artisanale, ses projets traduisent, dans une écriture rationnelle, la complexité des points de vue et des rapports humains. Cette complexité est pensée comme richesse, comme individualisation, comme diversité des fonctions.

Il y a unité d’expression et diversité de formes, il y a unité de matières et diversité d’aspects, ce n’est pas minimaliste, bien au contraire démonstratif et c’est une partie du paradoxe.

Bien évidemment il y a des limites à cette exploration pour qu’elle ne soit pas un maniérisme. Ces limites, l ‘architecte les connaît, c’est ce que je partage avec Jean-François, cette recherche de transformation d’une matière simple et courante pour trouver la lumière.

Cette architecture est environnementale par essence, dans ce qu’elle introduit des filtres et des porosités qui constituent l’intériorité des espaces par des transitions en intégrant l’air, l’ombre et le soleil par des variations d’épaisseur.

Architecte discret, téméraire, engagé, dans l’utilisation des moyens habituels et courants du bâti, qu’il transforme par le processus architectural. Ses bâtiments sont constitués, épais, ils sont lui-même.

En écoutant le clavier bien tempéré de Bach, je m’interroge sur cette recherche inlassable d’assemblage et de variations qui hantent les architectes comme les musiciens.

Jacques RIPAULT

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